Dans les systèmes de production de viande, les complémentaires azotés sont principalement utilisés pour la complémentation des rations hivernales et des régimes d’engraissement. L’amélioration de l’autonomie passe essentiellement par la réduction des achats de concentrés destinés à la complémentation de ces fourrages (soit en réduisant la consommation, soit en produisant ce que l’on achète habituellement) et l’amélioration de la qualité des fourrages produits sur l’exploitation (pour limiter les apports de concentrés).
Les données de l’année 2000 des réseaux d’élevage bovins viande sont utilisées pour caractériser l’autonomie et le niveau de dépendance vis à vis des achats extérieurs en concentrés et en MAT (MAT des concentrés achetés/MAT des concentrés consommés) des exploitations. Sur l’ensemble des élevages, l’autonomie en concentrés atteint 43 % ; elle est plus faible pour les MAT (27 %) avec une forte dispersion des valeurs. Les critères d’autonomie et les niveaux de dépendance se différencient selon les stratégies de conduite alimentaire. Les systèmes d’alimentation de type herbager (plus de 95 % d’herbe dans la surface utile) sont peu autonomes (moins de 10 % pour les concentrés et les MAT), y compris ceux peu dépendants vis à vis des achats extérieurs (moins de 34 kg de MAT achetées par UGB). Les groupes avec maïs ensilage sont également peu autonomes (entre 9 et 19 % pour l’autonomie en MAT) et présentent des dépendances vis à vis des achats extérieurs parmi les plus élevés (plus de 140 kg de MAT par UGB pour trois groupes sur quatre). Ce sont les groupes "céréales" et "légumineuses" qui ont les niveaux d’autonomie les plus élevés associés à des achats compris entre 14 et 62 kg de MAT par UGB.
Peu de solutions techniques, à l’exception de l’introduction de cultures de protéagineux, peuvent concourir à une autonomie totale en MAT à l’échelle de l’exploitation. Les protéagineux ont des exigences sur le plan agronomique qui les rendent peu adaptées à un grand nombre d’exploitations. Cette solution, visant à rechercher l’autonomie totale sur l’exploitation en vue d’une production non OGM, aura vraisemblablement une portée limitée.
L’approvisionnement par des circuits garantissant la traçabilité des aliments est donc une voie incontournable dans le cadre d’une filière non OGM.
Références
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