Institut de l'Elevage

Enrichissement de la viande bovine en oméga 3 avec de l’herbe pâturée – Essai sur femelles

CR de synthèse des essais réalisés à la Station des Etablières

2 juillet 2008

Marie-Anne Bertin (Institut de l’Elevage), Didier Bastien (Institut de l’Elevage), C.A. Vendée (85)

Sur le plan nutritionnel, la viande bovine souffre de son image de produit riche en graisses saturées contre lesquelles s’élèvent certains nutritionnistes qui préconisent des teneurs accrues en acides gras polyinsaturés n 3 (ou oméga 3). Il semble possible de modifier sa composition en acides gras dans ce sens là, en incorporant de l’herbe pâturée dans l’alimentation des animaux en finition. 4 types de finitions de vaches au pâturage ont donc été testées : une finition exclusivement à l’herbe de printemps, une finition à l’herbe de printemps suivie d’une phase à l’auge de 1,5 mois ou de 3 mois et une finition à l’herbe d’automne avec complémentation.

Co-auteurs : Jacques Molle, Alain Joulie et Franck Chaigneau (CA 85)


Un essai a donc été mis en place pour préciser selon les conduites de pâturage pratiquées, les teneurs obtenues en C18:3 n-3 dans les lipides de la viande.

Quatre types de finitions ont été comparés sur 4 lots de 6 à 9 vaches (primipares et multipares) et génisses, répétés sur 2 années consécutives :

- 1 lot fini exclusivement à l’herbe de printemps, pour évaluer le taux "maximal" en oméga 3 qu’il est possible d’atteindre avec des finitions à base d’herbe
- 1 lot fini à l’herbe de printemps puis à l’auge pendant 1,5 mois, pour tester l’impact de quelques semaines de régime sans apport d’oméga 3 (ensilage de maïs + tourteau de soja) sur la baisse des teneurs en oméga 3 dans les viandes
- 1 lot fini à l’herbe de printemps puis à l’auge pendant 3 mois, pour tester l’effet de la durée de finition d’un régime sans apport d’oméga 3
- 1 lot fini à l’herbe d’automne avec complémentation de type ensilage de maïs, tourteau de soja et blé, pour comparaison avec une finition à l’herbe de printemps

Une finition des animaux à base d’herbe pâturée au printemps pendant 80 jours avant abattage a un effet marqué sur la valeur nutritionnelle de la viande comparativement à des finitions à l’auge. La teneur en acides gras polyinsaturés n 3 du long dorsal est doublée et le rapport C18:2 n 6 / C18:3 n 3 fortement diminué, rendant la composition en acides gras de la viande plus conforme aux recommandations des nutritionnistes. Si la phase de pâturage se poursuit par une finition en bâtiment de 50 jours avec une ration à base d’ensilage de maïs, pauvre en AGPI n-3, la teneur en C18:3 n 3 de la viande diminue très rapidement et le rapport C18:2 n 6 / C18:3 n 3 augmente. Il dépasse même la valeur seuil de 5 préconisée par les nutritionnistes pour une finition de 3 mois à l’auge. Bien que l’herbe d’automne soit assez riche en C18:3 n-3, une finition avec du pâturage d’automne accompagnée d’une complémentation ne favorise pas l’augmentation de la teneur en C18:3 n-3 dans la viande et les caractéristiques nutritionnelles de ces viandes sont proches de celles des femelles finies à l’auge.


Références

    • Etude du Département Techniques d’Elevage et Qualité (DTEQ)
    • Réf. 090832009 - PMB4997
    • 76 pages

CA 85 CRA Pays de la Loire

Voir les espaces de l'article

Technologie et Qualité des viandes



2007-2010 © Copyright Institut de l’Elevage - Tous droits réservés
Institut de l’Elevage - 149, rue de Bercy - 75012 Paris